Des dirigeants de la société civile évaluent positivement l'impact de l'encyclique du pape François sur les négociations des changements climatiques

10 juillet 2015
Montréal

Lors de la conférence de presse organisée par le mouvement Our Voices qui s’est tenue à Rome le 3 juillet, et à laquelle Développement et Paix a participé, des dirigeants de la société civile ont évalué positivement l’impact de l’encyclique du pape Laudato Si, sur la sauvegarde de la maison commune, publiée au Vatican le 18 juin.

Coordonnateur de Our Voices, le mouvement mondial interreligieux pour l’action climatique, et directeur général de GreenFaith, le groupe de réflexion basé aux États-Unis pour la religion et l’écologie, le père Fletcher a déclaré qu’« un exemple récent a été la convergence des leaders multiconfessionnels émergents qui a eu lieu à Rome (du 29 juin au 1er juillet) organisée par Our Voices pour former 100 jeunes leaders religieux de 40 pays et issus de toutes les grandes traditions religieuses sur le plaidoyer et la sensibilisation aux enjeux des changements climatiques, avec un accent central sur l’encyclique. La dernière marche œcuménique, qui a fait l’objet d’une importante couverture médiatique, organisée le 28 juin vers la place Saint-Pierre, reflétait une large représentation à la fois des mouvements religieux et de la société civile, obtenant l’accueil public très apprécié du pape après la fin de son message de l’angélus ».

« Lutter contre les changements climatiques, c’est lutter contre la pauvreté et l’injustice. Nous partageons tous l’impatience de l’encyclique devant l’absence de progrès dans les négociations climatiques des Nations Unies. Une action décisive est nécessaire maintenant, et nous exhortons les dirigeants du monde à ne pas rater l’occasion des prochaines négociations à Paris en décembre. La croissance du mouvement climatique dans la communauté de foi et dans le public en général a fourni le type de couverture politique dont les dirigeants du monde ont besoin pour agir. »

Josianne Gauthier, directrice du Service des programmes au Canada de Développement et Paix a déclaré que « comme l’encyclique l’énonce clairement, la lutte contre les changements climatiques et la lutte contre la pauvreté doivent aller de pair. Nos organisations membres en feront la promotion dans leur pays, et réaliseront une campagne massive, Créons un climat de changement. Au Canada, nous ferons campagne cet automne pour sensibiliser le gouvernement de notre pays. La CIDSE appelle tout le monde à réaliser une transformation personnelle et à adopter de nouvelles habitudes. Si la population exige du gouvernement des mesures qui sont cohérentes avec ses choix personnels, alors assurément les politiciens ne pourront pas ignorer la volonté populaire. Nous avons espoir que le changement est possible, et qu’il est en train de se réaliser. Nous devons nous accrocher à l’idée que l’être humain est capable de faire le bien. »

« Le réseau de la CIDSE qui se compose de 17 organisations de développement catholiques, à laquelle mon organisation appartient, en partenariat avec le Conseil pontifical Justice et Paix du Saint-Siège, a organisé un large rassemblement de représentants de diverses organisations catholiques et non catholiques ainsi que de scientifiques les 2 et 3 juillet à Rome pour célébrer le lancement de l’encyclique. Nous voyons dans ce document un véritable appel à l’action et à la prière, en particulier pour les catholiques. »

Wael Hmaidan, directeur du Réseau Action Climat international, qui regroupe 900 ONG, a déclaré que l’encyclique a fixé des normes élevées pour l’action politique mondiale. « Quels qu’ils soient, les résultats des prochains sommets internationaux, comme le nouveau programme de développement durable à l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre et les négociations sur le climat à Paris en décembre, seront comparés au caractère visionnaire de l’encyclique. Ce document indique clairement la voie à suivre pour lutter contre le changement climatique, à savoir remplacer progressivement et sans délai les combustibles fossiles par des solutions durables, en particulier les énergies renouvelables. La communauté politique internationale sera-t-elle assez courageuse pour s’engager envers cette vision? »

Prenant la parole au nom du Réseau italien pour le climat, Federico Brocchieri, coordonnateur de la section jeunesse du RIC, a déclaré que l’encyclique aurait « un rôle très important à jouer dans la sensibilisation à travers le monde, en particulier en Italie. Elle n’aura peut-être pas de répercussions directes sur les négociations de l’ONU, même si elle pourrait nous aider à évaluer la conformité des mesures prises par les gouvernements à Paris aux objectifs fixés par les scientifiques. Notre organisation entreprend un large éventail d’activités tant pour informer le public italien que pour influencer le résultat des négociations sur le climat, en se joignant au récent élan majeur des organisations de jeunes en faveur de l’inclusion de la notion d’équité intergénérationnelle dans le texte de négociation actuel pour Paris. »

Isaiah Toroitich, coordonnateur des politiques et du plaidoyer international de Action by Churches Together International (une coalition de 147 ONG chrétiennes non catholiques actives dans plus de 140 pays) a précisé que son alliance se concentrait sur des activités de plaidoyer relatives au financement climatique, à l’adaptation, à la perte et aux  dommages et au développement sobre en carbone. « Nous avons immédiatement publié un communiqué de presse favorable à l’encyclique. Nous pensons qu’elle nous donne un impératif moral et éthique supplémentaire qui appuie nos appels à l’équité et à la justice climatique. »

« Le document s’adresse à la communauté mondiale, il inspire toute la société civile à faire d’audace pour demander aux gouvernements de faire preuve de plus d’ambition. Le Saint-Père a appelé les gouvernements et les entreprises puissants qui semblent avoir dissimulé le problème à démontrer un engagement honnête et authentique pour s’attaquer à ces enjeux. Nous allons continuer à nous référer à l’encyclique dans notre travail, en particulier en Afrique au  lancement le mois prochain du pèlerinage de deux mois à vélo qui regroupe plusieurs milliers de jeunes participants, soutenus par notre ambassadeur des changements climatiques, l’archevêque de l’Église anglicane de l’Afrique australe, le Très Rév. Thabo Magkoba. »

L’ancien négociateur principal des changements climatiques et commissaire au climat des Philippines, Yeb Sano, qui dirige désormais le pèlerinage populaire de Our Voices pour l’action pour le climat, aboutissant à sa direction d’une marche de 26 personnes sur 1500 km de Rome à Paris à partir du 30 septembre, envisage cette activité « comme un voyage spécial apportant une riche tapisserie de traditions spirituelles de partout dans le monde. Le pèlerinage rend hommage à toutes les communautés qui se lèvent contre le changement climatique et font preuve de résilience. »

« Ensemble, nous aurons parcouru 40 000 km, soit l’équivalent de la circonférence de la planète : l’encyclique compte également 40 000 mots. À notre arrivée à Paris, nous serons rejoints par des pèlerins venus de toute l’Europe tandis que d’autres pèlerinages auront lieu à travers le monde. Bien sûr, il faudra sans doute beaucoup plus que notre pèlerinage et des mobilisations de la société civile pour améliorer les résultats des négociations de Paris par rapport aux attentes actuelles – nous avons besoin d’une conversion spirituelle et écologique à l’échelle planétaire. »

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