Des déplacements ardus !

Dans
19 juillet 2018
par 
Kim Morency, stagiaire et Marie-Frédérique Lemieux Simard, responsable d’équipe Québec sans frontières au Cambodge
Québec Sans Frontières - QSF Cambodge 2018

Six jeunes québécoises effectuent actuellement un projet d’initiation à la solidarité internationale en Équateur dans le cadre du programme Québec sans frontières (QSF). Elles appuient un partenaire de Développement et Paix, DPA (Développement et Partenariat en Action).

Dans le cadre de leur projet, les participantes appuient une coopérative agricole soutenue par DPA. La mission de DPA est de venir en aide aux Cambodgiennes et aux Cambodgiens les plus pauvres et les plus vulnérables, particulièrement dans les secteurs ruraux. Il contribue activement à la création d'un environnement propice au développement durable et équitable.

Au cours de leur séjour, le groupe nous partage le récit de leurs expériences. Ici, Kim Morency et Marie-Frédérique Lemieux-Simard racontent leurs aventures et les réflexions qu’elles engendrent.

Des déplacements ardus !

Avant même de poser les pieds au Cambodge, nous étions toutes conscientes du grand défi qui nous attendait: la barrière de la langue. Cependant, nous n’imaginions pas que nos déplacements constitueraient un plus grand défi à relever.

Arrivées à Phnom Penh pour notre séjour d'orientation, le tuk-tuk fût notre première expérience en transport cambodgien ! Un nombre incalculable de tuk-tuk engorgent les trottoirs de la ville, nous aurions donc cru que tous ces chauffeurs connaîtraient la ville comme le fond de leur poche. Toutefois, plusieurs déplacements nous ont confirmé le contraire. Des minutes deviennent rapidement des heures lorsqu'il y a soit plusieurs arrêts inattendus pour interroger ses comparses de tuk-tuk, soit pour effectuer un plein d'essence ou un changement d'adresse de notre partenaire DPA . Vous voyez un peu le portait?

Une fois arrivées dans la commune de Por Samrong, l'organisation de nos moyens de transport ne s'est pas simplifiée.

Il y a eu la fois où nous partions à Kampot pour notre première sortie éducative. Avec deux heures de retard, le chauffeur nous exige le double du montant qui avait été confirmé. Vous comprendrez que la sortie a dû être annulée et remplacée pour une destination moins éloignée, cette fois-ci, en transport en commun appelé remorque (un dérivé de tuk-tuk).

Et aussi la fois où cette même remorque, très ponctuelle, s'est présentée avec une crevaison! Ce samedi-là, nous nous sommes bel et bien rendues à Chuk, mais avec cette crevaison qui ne nous permettait pas de rouler à plus de 30 km à l'heure. Il va sans dire que le regard amusé des autres conducteurs sur notre chemin fût fortement alimenté par notre crevaison et la présence de six personnes étrangères à bord d'une remorque déglinguée en pleine campagne cambodgienne.

Il y a aussi eu notre deuxième tentative pour trouver un transport à bon prix afin de se rendre à Kampot. Durant cette sortie culturelle, nous avons fait une observation assez flagrante : l'utilisation du klaxon est vitale sur la route. Preuve à l'appui : nous avons eu la chance d'observer notre chauffeur en plein action en train de klaxonner un oiseau en plein vol, s'assurant de n'oublier rien ni personne au passage. Au Cambodge, conduire sans klaxon, c'est non.

Les non-dits, le non verbal, les différences culturelles et la barrière de la langue contribuent à rendre les déplacements non sans une touche d'humour chaque jour! Heureusement, nous sommes des stagiaires patientes dotées d’un grand sens de l’autodérision.

Un moment marquant pour le groupe a été la fois où l’un de nos traducteurs attachait fièrement son immense haut-parleur à l'arrière de sa moto, avec l'aide et la supervision de tous les hommes de la place. Il espérait nous transmettre sa passion pour le karaoké alors que nous nous étions rendues chez une des familles d'accueil manger des Num Banh Cheo (crêpes jaunes cambodgiennes) pour le déjeuner. Ce jour-là, ce haut-parleur eut la priorité du transport sur toutes les stagiaires, entraînant un léger retard de deux heures au déjeuner...