Mots clés ‘radios communautaires’

Élections en RDC : des jeunes engagés à travers la radio

Publié le 29 novembre 2011

«La principale préoccupation des jeunes, c’est l’éducation. À travers les activités de la radio, les jeunes demandent au futur gouvernement de rendre l’éducation accessible à tout le monde.» Delphin Tumba, représentant du réseau de jeunes impliqués à la RCK, station Licasi

Lorsque j’ai assisté à l’émission Jeunesse avenir, j’ai autant appris sur les enjeux électoraux de la région du Katanga qu’en deux jours de visite intensive d’organismes de la société civile. Alors que Patience Tshimba, le journaliste-présentateur, posait des questions assez pointues à ses deux interlocuteurs, Defi Kayova et Sam Mbuyi, ceux-ci ne se gênaient pas pour renchérir sur les arguments de l’un et de l’autre, donnant lieu à un débat qui ne manquait pas d’analyse politique.

Peut-on compter sur la jeunesse pour avoir des élections responsables et pacifiques? Les candidats à la députation nationale tiennent-ils des discours plus soutenus qu’en 2006? Est-il vrai que la communauté internationale a déjà décidé du sort des élections? Vaut-il la peine d’aller voter? Ces questions ont été abordées sous toutes leurs facettes par les trois jeunes qui coaniment l’émission hebdomadaire.

Après mon passage en studio, je me suis dirigée vers la salle de réunion, où une trentaine de filles et de garçons se préparaient pour Le journal des jeunes, une émission qui prend les ondes de la RCK depuis 2005. Le jeune animateur et journaliste Yves Mudimba, que j’ai eu la chance de voir à l’œuvre, prend les jeunes en charge pour faciliter la production de leur émission. Recherche des sujets, écriture des textes, exercices de présentation : tout est là pour développer leurs capacités de journaliste radio.

Radio en RDC«Plus de 500 jeunes sont impliqués dans l’émission. Chaque jour, dans leur milieu, ils se rassemblent et tentent de susciter des débats sur les questions abordées en studio. En plus de participer aux activités de la radio, ils s’impliquent dans leur communauté et organisent des conférences. Ils forment des groupes qui sont de véritables associations pour le développement du Katanga», affirme Yves Mudimba.

La RCK, en plus d’être appuyée financièrement par Développement et Paix, compte sur l’appui de plus de 300 noyaux communautaires dispersés autour des trois stations du Katanga. «La plupart d’entre nous ont dû arrêter l’école puisque que c’est trop cher ici. Avec la radio, nous pouvons apprendre toutes sortes de choses, et même à lire! Nous pouvons prendre la parole et participer aux activités de sensibilisation. La radio, c’est aussi comme une école pour nous», affirme un jeune du noyau de Bungubungu, que nous avons rencontré en route vers la ville de Likasi.

La RCK dispose d’une grille horaire participative très variée : informations, éducation civique, santé, environnement, culture, arts, économie sont autant de sujets abordés par les différents groupes qui produisent des émissions hebdomadaires. Les femmes, les noyaux communautaires, et même les enfants forment des groupes semblables à ceux des jeunes pour préparer des émissions qui touchent leur réalité.

Myriam Tremblay
membre de la mission d’observation des élections en RDC pour Développement et Paix