La plupart des mouvements de non-violence au Moyen-Orient sont ignorés ou méconnus dans le monde. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de deux partenaires de Développement et Paix au Liban qui sont impliqués dans le Peacebuilding (Recherche et construction d’une paix durable), Permanent Peace Mouvement (PPM) et Forum for Development, Culture and Dialogue (FDCD).
Les actes de violence survenus dernièrement dans le monde au nom de l’Islam sont la cause d’une mauvaise interprétation de cette religion. Pourtant, la non-violence fait partie de l’histoire et de l’enseignement de l’Islam. Beaucoup de musulmans déplorent ces actes et croient qu’il ne faut pas répondre à la violence par la violence. Le printemps arabe le prouve. Les manifestants ont parfois en leur possession des armes, mais ils ont choisi de ne pas utiliser la violence dans cette révolution. Les dernières révolutions arabes se sont déroulées de façon pacifique, civile et civilisée.
Le monde arabe désire la liberté, aspire à la démocratie comme le monde occidental. C’est un besoin humain partagé partout dans le monde. On ne peut atteindre la liberté sans souffrir, mais c’est le seul moyen d’avancer. La question israélo-palestinienne est en partie à la base des conflits qui sévissent dans la région depuis l’occupation de la Palestine par l’Israël en 1967. La liberté des peuples dans la région a été échangée contre certains intérêts politiques et économiques.
Le Liban a été plongé en 1975 dans une guerre civile qui a duré plusieurs années, causant des pertes humaines et matérielles importantes. Un cinquième de la population a pris le chemin de l’exil. Depuis ce temps, la paix est très fragile au Liban et la cohabitation entre musulmans et chrétiens a été mise à rude épreuve. La population libanaise aspire à une paix durable et les gens issus de toutes les religions et classes sociales travaillent ensemble pour la construction de la paix et la réconciliation. Les différents mouvements de jeunes s’impliquent également dans le processus. Beaucoup d’universités dans la région offrent des programmes de Peacebuilding.
Plusieurs pays du Moyen-Orient désirent bâtir la paix de façon durable. Différents membres des mouvements de non-violence proviennent de plusieurs pays : le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, l’Iraq, la Jordanie, l’Égypte. Ils se réunissent régulièrement animés par un désir commun : la construction de la paix. Leur objectif est d’amener les peuples du Moyen-Orient à cohabiter de façon pacifique et à travailler ensemble malgré leurs différences religieuses et culturelles dans le but de bâtir des ponts entre les cultures et une paix durable.
Au Liban, plusieurs centaines de femmes viennent chaque année de partout pour travailler comme domestique: Bangladesh, Madagascar, Philippines, Côte d’Ivoire, Népal, Éthiopie et j’en passe. Ces femmes ont eu le courage de laisser leur pays, leur famille, souvent leurs jeunes enfants, dans l’objectif de donner le meilleur à ceux et celles qu’elles aiment : des conditions de vie convenables.
Ces femmes n’ont certainement pas l’attente de quitter leur pays pour subir de la violence psychologique, physique, et encore moins de la violence sexuelle. Pourtant, c’est ce que plusieurs d’entre elles ont vécu chez leur employeur. Dans les pires cas, certaines ont été battues, brûlées, d’autres violées, d’autres se sont fait traitées « d’animal »… « L’esclavage n’existe plus et par chance! » se dit-on, mais j’ai pris conscience que l’esclavage moderne existe bel et bien, et elle percute au plus profond de nos trippes lorsqu’on y est confronté.
C’est en visite avec Caritas Liban Centre des Migrants (CLCM), partenaire de Développement et Paix, que nous avons été sensibilisés à la thématique du travail domestique au Liban. CLCM a pour mission de renforcer et protéger les droits des personnes migrantes, des réfugiés et des personnes qui demandent l’asile au Liban.
Un des services importants mis en place par CLCM sont les Shelters, des centres d’accueil qui ont pour objectif d’offrir un logement sécuritaire aux femmes migrantes et leurs enfants qui ont vécu de la violence et qui ont dû fuir leur milieu de vie ou de travail. Nous avons eu l’opportunité d’être reçus dans un de ces centres. La plupart des femmes avec qui nous avons eu la chance d’échanger attendent de récupérer leurs papiers légaux, conservés par leur employeur, pour pouvoir retourner dans leur pays. Certaines nous ont confié qu’elles ont travaillé durant des années avant de pouvoir s’enfuir, mais qu’elles n’ont pratiquement rien en poche, parfois à peine une centaine de dollars. Certaines n’ont pas vu leurs enfants depuis plus de cinq ans. D’autres nous ont confié avoir été traffiquées, pensant qu’elles quittaient leur pays pour participer à une conférence internationale.
Parce que leur employeur pourrait les repérer et les « reprendre», elles doivent rester au centre et attendre que les interventions de CLCM portent fruit et permettent l’avancement des recours légaux et la récupération de leurs papiers. Certaines sont là depuis plus de six mois. Attendre, quand on est parti de chez soi depuis des années, après avoir vécu la violence, en sachant que tes enfants grandissent… L’impatience des femmes se faisait sentir, le sentiment d’être prises en cage aussi, même en sachant que l’appui du centre est essentiel.
Malgré cette prise de conscience difficile, nous avons vécu au centre une journée de solidarité mémorable. Talents de danse, de chants et de musique mis en commun, nous avons partagé divers numéros artistiques des différents pays d’origine des femmes : chant de l’Irak, danse du Bangladesh, de Madagascar et encore! Les femmes avaient même préparé des plats de leurs pays, des plats succulents de partout au monde! C’était touchant de voir toutes ces femmes partager leur culture avec autant de fierté, de joie et de dynamisme. Autant je pouvais sentir la vulnérabilité d’être femme que la force et la résilience des femmes. Une expérience troublante, mais pleine d’humanité et d’espoir!
République Démocratique du Congo Une bande dessinée illustre la violence quotidienne et raconte l’espoir
En République démocratique du Congo, la violence – et tout particulièrement la violence faite aux femmes – semble une fatalité. Un jour, des hommes armés envahissent un village, terrorisent les occupants qui n’ont pu s’échapper, violent les femmes, détruisent les récoltes.
Ceux et celles qui retournent plus tard au village, après s’être cachés, doivent panser leurs plaies, reconstruire leur vie et celle de leur communauté. Ils veulent créer une alternative à cette violence.
C’est cette histoire que raconte la bande dessinée Rosa ou le courage de choisir la vie que lance Développement et Paix le mardi 5 avril prochain, de 17h à 19h, à la Maison de l’Afrique (6256, rue Henri-Julien – Montréal).
L’auteur de la bande dessinée et du scénario est Séraphin Kajibwami. L’Agence canadienne de développement international a financé l’impression de cette BD, disponible en français et en anglais.
Lieu: Maison de l’Afrique – 6256 Henri-Julien Quand? Le mardi 5 avril 2011 à 17h00
Au mois d’août dernier, j’ai eu la chance d’accompagner le groupe de jeunes membres de DÉVELOPPEMENT ET PAIX lors d’un séjour d’immersion aux Philippines. Sur le terrain durant deux semaines, nous avons entre autre pu constater les efforts de Urban Poor Associates (UPA) afin de lutter contre la pauvreté urbaine. Partenaire avec DÉVELOPPEMENT ET PAIX depuis 1996, les travailleurs et travailleuses d’UPA nous ont reçus les bras ouverts et nous ont accompagnés quelques jours dans les communautés de base touchées par des enjeux tels que la protection des droits liés au logement et la prévention des évacuations et démolitions illégales.
Baseco est une des communautés urbaines pauvres de Manille que nous avons visitée, un endroit qui touche droit au cœur. Bien que Baseco puisse sembler à première vue assez chaotique, avec ses rues de vase et ses maisons construites avec des matières réutilisées, trouvées tant bien que mal, parfois même dans les poubelles, nous avons rencontré à Baseco des leaders communautaires mobilisés et motivés à faire de cet endroit leur territoire légal et surtout, viable. Grâce à l’appui d’UPA, et surtout, grâce à la mobilisation et la participation des citoyens et citoyennes, la communauté de Baseco a obtenu plusieurs victoires, dont l’accès à l’eau et à l’électricité.
Malgré tout, les raisons de se mobiliser et de poursuivre la lutte existent toujours: vivre en milieu pauvre urbain comporte constamment des risques, notamment une grande vulnérabilité face aux probables catastrophes naturelles. Baseco est construit à proximité du port de Manille. La fragilité des installations et des maisons présente un risque de dévastation par des événements imprévus. Lorsque nous avons séjourné à Baseco, Georgie Tenelete, président et leader de Kabalikat (l’organisation communautaire de Baseco), nous a expliqué de quelle manière un incendie avait ravagé la communauté en janvier dernier, affectant directement plus de 300 familles déjà vulnérables. Les leaders de Baseco, appuyés par UPA, ont retroussé leurs manches en mettant sur pied un projet de reconstruction et d’appui à la communauté.
C’était pour nous une grande opportunité de partager les luttes, les désespoirs mais aussi les réussites avec les habitants et habitantes de la communauté de Baseco, et surtout émouvant de constater que même devant l’adversité, le courage et la détermination l’emportent.
Témoignage de Marie-Hélène Roy
Agente de programmation jeunesse à DÉVELOPPEMENT ET PAIX
Visionnez la vidéo réalisée par UPA sur le travail de reconstruction dans la communauté de Baseco:
C’est avec plaisir que nous annonçons le prochain séjour d’immersion jeunesse qui aura lieu en juin prochain, au Liban! Pour une première dans l’histoire de Développement et Paix, un séjour d’immersion est organisé au Moyen-Orient.
Le séjour d’immersion jeunesse permet aux jeunes membres âgés entre 18 et 30 ans de participer à une expérience interculturelle dans un pays du Sud et de rencontrer les partenaires de Développement et Paix qui travaillent sur le terrain. Les jeunes auront l’opportunité de découvrir une réalité et une culture différente et d’en apprendre davantage sur les enjeux de la région, notamment sur ces thématiques: démocratisation et participation citoyenne, résolution de conflits et construction de la paix, empowerment des femmes et des groupes de femmes, etc.
Comme l’an dernier, le séjour d’immersion sera conjointement organisé avec la programmation jeunesse anglophone. C’est une excellente occasion de partager avec des jeunes membres de partout au Canada!
Les demandes de participation seront étudiées par l’équipe de travail sur les jeunes. Cinq personnes francophones seront sélectionnées et contactées dans la semaine du 13 décembre.
Bonne chance à tous et à toute, et au plaisir de vous lire!
Organisés maintenant depuis plus de 8 ans à Développement et Paix, les séjours d’immersion jeunesse permettent à des jeunes membres impliquéEs dans le mouvement de mieux connaître, par le biais d’un séjour dans un pays du Sud, le travail des partenaires et de renforcer leurs connaissances et leur motivation pour la justice sociale et le travail de Développement et Paix.