Mots clés ‘Liban’
Publié le 22 février 2012
Par Steve Dussault
Participant au séjour d’immersion jeunesse de Développement et Paix au Liban, juin 2011.
Cet article fait suite à « Une première journée en terre libanaise », publié le 6 février dernier.
Deuxième journée avec PPM, Permanent Peace Movement. Là, c’était du sérieux, on est tombé
dans le vif du sujet. Un des objectifs de l’organisme est de travailler à la réconciliation à travers les différentes religions et origines. Histoire d’être au cœur de la tempête, on nous a transporté dans un camp de réfugiés palestiniens à l’intérieur de Beyrouth, nommé Chatila. Un homme Palestinien nous a fait « visiter » (il y a quelque chose qui fait que l’on se sent mal de visiter un endroit défavorisé) les lieux pour finalement s’asseoir au centre communautaire et discuter un peu.
(Pour en lire davantage sur la visite à Chatila, lisez Le gris des Palestiniens écrit par Mélodie Grenier).
Suite à la rencontre à Chatila, on nous a lancé dans une réalité opposée, vous savez comme la quatrième dimension. Nous sommes allés à la résidence personnelle du ministre des déplacés (qui terminait son mandat, parce qu’après cinq mois sans gouvernement, un tout nouveau gouvernement venait d’être mis en place). Une part du travail du Ministère des déplacés est de réintégrer les Libanais qui ont été déplacés lors des multiples conflits internes. Comme lors de plusieurs discussions que nous avons eues la chance d’avoir avec les partenaires, l’enjeu de la réconciliation des différentes communautés a été soulevée par le ministre. Afin de répondre aux besoins des populations déplacées, le Ministère met en place des comités composés de leaders qui expriment les besoins de leur communauté. Le Ministère tente aussi de mettre sur pied des projets institutionnels, comme des écoles et des hôpitaux, afin d’améliorer la vie sociale.
Je me dois de vous raconter l’ironie de la journée. Les deux visites étaient prévues, mais l’ordre devait être différent. Nous devions d’abord rencontrer le ministre et par la suite nous rendre dans le camp de réfugiés palestiniens. Nous avions donc, le matin, mis nos plus beaux habits afin de nous montrer polis face à un ministre d’une autre culture, en prévoyant nous changer pour être plus modeste suite à cette rencontre! Mais les changements d’horaire sont communs et naturels dans ce genre de séjour, nous avons donc été plus que surpris d’apprendre, tout comme les partenaires de PPM, que la visite avec le ministre était remise à plus tard. Résultat : un groupe de Canadiens habillés de leurs plus beaux vêtements entraient dans un quartier d’un kilomètre carré de gens défavorisés au plus haut point. Imaginez l’ambiance, car je ne vous la décrirai pas en mot, elle serait trop longue et personnelle. Par la suite, nous sommes bien sûr restés avec les mêmes habits pour rencontrer le ministre. Cette visite fut difficile, car le contraste avec le camp palestinien était trop différent. J’ai été pris au dépourvu, presque incapable d’interagir. Vous visitez un endroit où il y a à peine vingt ans, des milliers de gens ont été assassinés, et vous rencontrez maintenant un ministre!
Ce fut une journée haute en émotion!
Publié le 06 février 2012
Par Steve Dussault, participant au séjour d’immersion jeunesse de Développement et Paix au Liban, juin 2011
Après un périple non nécessaire entre notre départ de Montréal (un vol annulé) et nos premiers pas à Beyrouth, nous avons eu la surprise d’être accueilli par des sourires et de l’enthousiasme, ce qui pouvait nous paraitre étrange suite à nos trente heures approximatives de non sommeil et nos huit soupers en cours de vol!
Les partenaires de l’organisme Permanent Peace Mouvement (PPM) nous attendaient de pied ferme, prêtes à nous faire découvrir leur pays après une bonne nuit de sommeil dans un monastère. Non seulement les trois sœurs qui y résidaient étaient des anges (sans vouloir faire de jeux de mots avec la religion), mais en plus l’endroit était merveilleusement paisible. Vous ne le savez peut-être pas, mais le Liban est constitué de petites et de grandes montagnes. Notre lit se trouvait sur une de ses petites montagnes en périphérie de Beyrouth ce qui nous permettait de respirer un air frais et de satisfaire nos yeux de voyeur avec un paysage à couper le souffle.
Le lendemain, nous avons commencé la journée après une nuit de sommeil satisfaisante. Que faire comme première journée dans un nouveau pays avec un partenaire que l’on ne connait pas vraiment? L’œuf n’est pas sortit de nulle part, il vient d’une poule. Notre poule à nous, c’est le contexte du pays. Alors que nous étions en route pour
visiter une des plus vieilles villes de la région du Moyen-Orient, Byblos/Joubayl, on nous a expliqué les origines phéniciennes du pays. Les Phéniciens formaient un peuple qui a vécu plus de 1200 ans avant Jésus-Christ. Ils étaient des navigateurs hors pairs et leur territoire se composait principalement de l’actuel Liban, d’une partie de la Syrie, de la Tunisie et de l’Égypte. La puissance de cet empire n’était pas les armes et le désir de conquête, mais bien celui du troc et du commerce qui était d’une très grande efficacité grâce aux nombreux ports et à leur expertise dans le domaine maritime.
Vous avez maintenant une idée du style de confiture que notre cerveau avait comme forme après seulement un avant-midi, mais nous étions tous avares d’en savoir plus…
Publié le 19 septembre 2011
Par Amélie Laurin-Gravel
Participante au séjour d’immersion au Liban, juin 2011
Nous n’avions passé que quelques jours au Liban que nous avions déjà vécu plusieurs expériences et rencontres tout aussi invraisemblables les unes des autres. Toutefois, le vendredi matin du 17 juin, nous avions hâte de faire la rencontre de Linda Macktaby, partenaire de Développement et Paix au Forum for Development, Culture and Dialogue (FDCD), pour en apprendre davantage, notre curiosité grandissante jour après jour. Lorsque nous l’avons rencontré au milieu de Beyrouth, nous ne nous
attendions pas à faire connaissance avec une jeune militante et dynamique avec un sens de l’humour particulier. Cette jeune femme, leader des programmes et des groupes jeunesse de FDCD, nous a fait découvrir les multiples facettes de la vie d’une libanaise impliquée et active au sein de la société civile du Liban. Linda semble connaître la moitié de la ville de Beyrouth et, en plus de travailler pour le FDCD, elle est engagée auprès de son église et elle est professeur d’anglais. Travailler pour la construction de la paix et la réconciliation dans un pays aussi divisé politiquement et religieusement que le Liban n’est pas une tâche facile, d’autant plus en étant femme. Ce pays demeure une société aux racines patriarcales où les femmes n’ont pas toujours une voix. Par exemple, c’est à peine accepté socialement pour une jeune femme de vivre seule indépendamment de sa famille ou de la présence d’un homme. Cependant, le caractère fort de Linda et sa motivation sans pareil semble lui donner des ailes, ainsi qu’aux programmes de FDCD.
Les divers projets du FDCD visent principalement les jeunes et l’empowerment des femmes, tous deux étant des acteurs essentiels à la construction d’une société civile forte. En fait, les employés-ées et les membres de FDCD sont composés surtout de jeunes engagés et déterminés où le genre féminin l’emporte. Bien que les femmes soient plus marginalisées dans la société, elles sont sûrement les plus actives, partageant une volonté insatiable d’apporter des changements de mentalité parmi tant d’inégalités et d’injustice.
En tant que femme et étudiante dans le domaine du développement, le travail et l’esprit de Linda et du FDCD m’ont inspirés et touchés. La justice sociale, un jour, triomphera!
Publié le 15 août 2011
Par Geneviève Tremblay-Racette
Participante au séjour d’immersion au Liban en juin dernier
Caritas Liban, partenaire de Développement et Paix, est une organisation qui a été fondée en 1972 et qui a développé au fil des ans plusieurs points de services un peu partout au Liban. Caritas Liban a pour mission de créer des projets qui répondent le mieux possible aux besoins des différentes régions, il œuvre ainsi dans sept secteurs soit la santé, les centres humanitaires, la promotion des personnes vulnérables, le développement économique, la paix et la réconciliation, le centre des migrants et l’urgence. Nous avons visité des projets de développement économique dans le domaine de l’agriculture et l’agroalimentaire à la Békaa et dans le Chouf. Le principal but de ces projets est de réduire l’exode rural et de favoriser la création d’emploi dans les régions afin que les gens puissent mieux vivre.
Le projet agroalimentaire visité portait sur la transformation de matières premières en produit marchandable, par exemple de la confiture de fraise, du jus de pomme et de l’huile d’olive. Ces produits sont créés de manière semi-artisanale, c’est-à-dire que malgré l’utilisation de la machinerie, plusieurs étapes sont entièrement faites à la main. Caritas Liban a aussi une Coopérative de la Charité, INTAJOUNA, pour faciliter l’écoulement de la production locale. Une partie des profits va aux habitants, une autre partie sert à soutenir des projets sociaux. Cette coopérative vend par ailleurs des savons naturels à l’huile d’olive, de l’eau de rose, de la mélasse de raisin, des biscuits salés et sucrés, des petits légumes macérés dans du vinaigre, etc. La vente de ces produits assure un prix équitable pour tous et encourage les consommateurs à acheter des produits naturels et sains, ce qui permet de ne pas aggraver les changements climatiques.
Le second projet que nous avons visité était agricole. Le projet comprend d’abord une pépinière qui vend à faible coût des arbres fruitiers aux agriculteurs: des oliviers, de l’origan et des plants de légumes. Cette organisation mise sur les formations pour appuyer les agriculteurs et les aider à réduire leurs coûts de production, c’est pourquoi ceux-ci reçoivent les formations nécessaires et des conseils techniques par des agronomes afin de pouvoir adapter leurs techniques d’agriculture. De plus, les paysans sont formés au respect de l’environnement, dont la question de la gestion de l’eau qui représente un problème important au Liban, et au développement rural. Ils cherchent entre autres à améliorer les techniques d’irrigation en agriculture. Caritas Liban met aussi sur pied des ateliers de transformation des produits pour augmenter le potentiel agricole des récoltes, tel que le matériel nécessaire au séchage de l’origan.
Somme toute, Caritas Liban est une très vaste organisation et nous avons eu l’occasion de connaitre que quelques projets fantastiques. Cette organisation peut vraiment faire une différence concrète auprès des gens avec lesquels elle travaille, en plus de faire une différence mondiale dans sa lutte contre la pauvreté et contre les changements climatiques.
Publié le 15 juillet 2011
Par Angélique Usanase
La plupart des mouvements de non-violence au Moyen-Orient sont ignorés ou méconnus dans le monde. Les opinions exprimées dans cet article sont celles de deux partenaires de Développement et Paix au Liban qui sont impliqués dans le Peacebuilding (Recherche et construction d’une paix durable), Permanent Peace Mouvement (PPM) et Forum for Development, Culture and Dialogue (FDCD).
Les actes de violence survenus dernièrement dans le monde au nom de l’Islam sont la cause d’une mauvaise interprétation de cette religion. Pourtant, la non-violence fait partie de l’histoire et de l’enseignement de l’Islam. Beaucoup de musulmans déplorent ces actes et croient qu’il ne faut pas répondre à la violence par la violence. Le printemps arabe le prouve. Les manifestants ont parfois en leur possession des armes, mais ils ont choisi de ne pas utiliser la violence dans cette révolution. Les dernières révolutions arabes se sont déroulées de façon pacifique, civile et civilisée.
Le monde arabe désire la liberté, aspire à la démocratie comme le monde occidental. C’est un besoin humain partagé partout dans le monde. On ne peut atteindre la liberté sans souffrir, mais c’est le seul moyen d’avancer. La question israélo-palestinienne est en partie à la base des conflits qui sévissent dans la région depuis l’occupation de la Palestine par l’Israël en 1967. La liberté des peuples dans la région a été échangée contre certains intérêts politiques et économiques.
Le Liban a été plongé en 1975 dans une guerre civile qui a duré plusieurs années, causant des pertes humaines et matérielles importantes. Un cinquième de la population a pris le chemin de l’exil. Depuis ce temps, la paix est très fragile au Liban et la cohabitation entre musulmans et chrétiens a été mise à rude épreuve. La population libanaise aspire à une paix durable et les gens issus de toutes les religions et classes sociales travaillent ensemble pour la construction de la paix et la réconciliation. Les différents mouvements de jeunes s’impliquent également dans le processus. Beaucoup d’universités dans la région offrent des programmes de Peacebuilding.
Plusieurs pays du Moyen-Orient désirent bâtir la paix de façon durable. Différents membres des mouvements de non-violence proviennent de plusieurs pays : le Liban, la Syrie, la Jordanie, la Palestine, l’Iraq, la Jordanie, l’Égypte. Ils se réunissent régulièrement animés par un désir commun : la construction de la paix. Leur objectif est d’amener les peuples du Moyen-Orient à cohabiter de façon pacifique et à travailler ensemble malgré leurs différences religieuses et culturelles dans le but de bâtir des ponts entre les cultures et une paix durable.
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