Générations sans frontières

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Les stages Québec sans frontières

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TOGO

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Stage en éducation, droits humains et services juridiques

Le Groupe Femme, Démocratie et Développement (GF2D) a accueilli six personnes stagiaires de mai à août 2003. Le bien-être culturel, juridique, sociologique, politique et économique des femmes togolaises retient toute l'attention de ce partenaire de Développement et Paix. L'éducation et le développement communautaire a permis aux personnes stagiaires de s'associer pleinement aux défis que relèvent ces femmes.

Les archives des personnes stagiaires Québec sans frontières au Togo :

Noémie:

Voici le texte d'un article paru, dans le Journal Haute-Côte-Nord de Baie-Comeau

Stage de dix semaines au Togo
Noémie Pomerleau-Cloutier garde des souvenirs impérissables

Baie-Comeau - Noémie Pomerleau-Cloutier est rentrée au bercail il y a deux mois au terme d'un stage de dix semaines au Togo au cours duquel elle a pu se familiariser avec les conditions difficiles vécues par les femmes de ce pays d'Afrique de l'Ouest, mais surtout prendre conscience des acquis des femmes d'ici et de l'importance de les conserver.

Patricia Lavoie

Originaire de Baie-Comeau, Noémie Pomerleau-Cloutier est actuellement inscrite à l'Université du Québec à Montréal dans le but d'obtenir un baccalauréat en enseignement du français langue seconde. C'est dans le cadre du programme Québec sans frontières du Ministère des Relations Internationales du Québec que la jeune femme de 26 ans a pu participer, de mai à août dernier, à un stage d'initiation à la coopération internationale. D'une durée de trois mois, le stage de Noémie était spécialisé en droit des femmes et intitulé Éducation, droits humains et services juridiques auprès des femmes.

Un contexte difficile

Noémie et quatre autres stagiaires québécoises sont arrivées au Togo le 21 mai 2003 lors d'une période électorale qualifiée de mouvementée par la Baie-Comoise selon qui, la capitale du Togo, Lomé, était en pleine effervescence au moment où le président, Gnassingbé Eyadéma, qui gouverne depuis 1967, avait décidé de se représenter aux élections malgré une promesse contraire faites aux élections de 1998. Dans ce contexte difficile, les stagiaires ont décidé de s'exiler pendant plus d'une semaine à Aného, le temps que les élections passent et que la poussière retombe. "Malheureusement pour les Togolais, le président Eyadéma s'est réélu de façon frauduleuse et ce, malgré le désir de changement du peuple et malgré l'élection réelle du parti majeur d'opposition, l'UFC (Union des Forces pour le Changement)", souligne Noémie qui tient cependant à préciser que cette opinion est la sienne et non celle de Développement et Paix, organisme grâce auquel elle a pu effectuer ce stage. "Avec le recul, je crois que nous avons été privilégiées d'assister à ces événements et qu'il en a résulté des discussions riches et mémorables avec notre entourage togolais", de dire celle qui soutient que les Togolais sont des gens généreux, ouverts et accueillants, toujours prêts à partager le peu qu'ils ont.

Un travail utile

Lors de son stage, Noémie et sa collègue Caroline ont travaillé au sein de l'organisme Force en Action pour le Mieux-être de la Mère et de l'Enfant (FAMME) qui œuvre auprès des femmes marginalisées et défavorisées de Lomé, principalement les travailleuses du sexe, les revendeuses et les portefaix (porteuses de marchandise) du Grand Marché de Lomé. "J'ai travaillé avec le volet Santé et avec le volet Éducation. J'accompagnais les responsables des activités communautaires du volet santé dans les maisons closes pour la préparation de leurs enquêtes sur l'incidence des MST/VIH-SIDA chez les travailleuses du sexe et leurs clients ainsi que pour les rencontres avec les paires éducatrices afin qu'elles continuent à sensibiliser les travailleuses du sexe à utiliser les préservatifs et pour leur fournir les préservatifs", souligne Noémie qui a aussi travaillé dans le volet Éducation en exploitant les cahiers des alphabétiseurs du programme d'alphabétisation fonctionnelle en éwé (langue du sud du Togo) de FAMME, afin de les aider à améliorer leur programme. "Ce n'a pas toujours été facile, étant donné que les cahiers des alphabétiseurs étaient en éwé et que je ne connaissais pas cette langue! À l'aide de mes collègues togolaises et des manuels de cours, j'ai pu y arriver", précise celle qui a aussi pris part, avec l'aide des autres stagiaires, à l'élaboration de deux outils de sensibilisation contre la violence faite aux femmes toujours considérée comme normale au Togo.

Une expérience inoubliable

Pour Noémie, ce stage de dix semaines au Togo s'est avéré une expérience inoubliable tant au niveau de la vie en famille d'accueil que du travail ou des amitiés créées. "J'ai été énormément inspirée par la force de ses femmes de tête engagées, motivées, qui se battent pour les droits des femmes avec qui nous avons travaillé et vécu", indique Noémie qui invite les jeunes femmes québécoises à ne pas perdre les acquis durement gagnés par les femmes qui ont lutté avant elles.
Parmi les projets qu'elle caresse pour les prochaines années, Noémie cite l'apprentissage de l'espagnol dans le but d'élargir ses possibilités en terme de coopération internationale. Elle souhaite aussi retourner en Afrique comme accompagnatrice d'un groupe de stagiaires, à l'été 2005.
Il est possible de se renseigner sur ce genre de stage en visitant la page web du programme Québec Sans Frontières au http://quebecsansfrontires.com .

 

Les photos de Noémie, stagiaire Québec sans frontières à Lomé, Togo

 

 

Fête de la St-Jean-Baptiste - 25 juin 2003

Avec l'équipe de travail, chez FAMME

 

 

En route vers Sokodé! Gare du nord de Lomé

 

Anéro - Ville au Togo près de la frontière du Bénin

Après une émission de radio des stagiaires

Avec les autres stagiaires membres du GF2D et des familles d'accueil à la fin du stage

 

ÉQUATEUR

Stage en promotion de la radio alternative, éducative et populaire en Amérique latine:

Les personnes participantes à ce stage à Quito en Équateur ont travaillé avec l'Association latino-américaine d'éducation radiophonique (ALER). Par le biais de la production radiophonique ou de la diffusion de nouvelles technologies, les personnes stagiaires saisissent les enjeux de la solidarité internationale en découvrant les réalités de l'Équateur.

Les archives des personnes stagiaires Québec sans frontières à Quito en Équateur :

Karine

Article rédigé par Karine Richer portant sur son expérience de stagiaire Québec sans frontières en Équateur

LA SOLIDARIDAD AQUI Y EN OTRO LUGAR (La solidarité ici et ailleurs)

Le 16 mai dernier marque une date importante dans mon cheminement personnel. A cette date, j'ai pris l'avion pour Quito, capitale de l'Équateur, pour une période de trois mois. Accompagnée de sept autres personnes, dont une accompagnatrice, je me suis envolée pour cette destination dans le but de réaliser un stage de coopération internationale. Ce stage a été organisé par l'organisme canadien Développement et Paix avec la collaboration de l'EBSI. Cet organisme a le mandat d'appuyer les actions des peuples du tiers-monde pour qu'ils puissent prendre leur destin en mains et à sensibiliser les Canadiens et Canadiennes sur les questions liées au déséquilibre nord-sud." (www.devp.org) Autant j'étais prête à affronter la pauvreté et les inégalités sociales de ce pays, je n'étais pas tout à fait prête à faire face à ce que j'ai vécu...

Une fois à Quito, les tâches de chacun d'entre nous se sont précisées. J'ai appris que j'avais une mission bien précise, soit de travailler à la conception d'une base de données pour l'organisme partenaire, Aler (Association latino-américaine d'éducation radiophonique). Cet organisme regroupe 118 radios de types communautaires, éducatives et populaires dans l'ensemble de l'Amérique latine et des Caraïbes.. Malgré un grand réseau, Aler comprend seulement une quinzaine d'employés. Aler offre différents services à ces radios, dont certaines formations à ses membres, et nous devions regrouper l'information de chacun de ces services sous une seule base de données.

Dès notre arrivée à Aler, nous avons tous été bien accueillis par nos collègues de travail. Nous avions rendez-vous pour la pause café à chaque matin pour discuter avec tous et chacun afin de faciliter notre intégration et créer des liens avec nos collègues. En raison de la barrière linguistique, l'intégration dans le milieu de travail fut un peu plus difficile pour moi. Toutefois, étant de nature très sociable, j'ai vite développé des affinités avec mes collègues de travail. Il est toujours possible de se débrouiller avec un espagnol de base ; on réussit toujours à se faire comprendre.

Nous n'avions pas seulement que du travail à accomplir. Le stage avait également pour objectif de s'imprégner de la culture locale et pour ce faire, quoi de mieux que d'habiter dans une famille latine. J'ai eu le privilège d'habiter avec la famille Auquilla qui comptait, mon père, ma mère, ma tante, mes deux frères, mes deux soeurs et la dame de la maison. Cette expérience fut inoubliable en ce sens où j'ai eu l'opportunité de créer des liens avec ces gens. Dès mon arrivée dans la famille, j'ai senti que j'étais partie intégrante de la famille. Ma soeur, Catalina et son jumeau, Diego étaient mes enseignants personnels d'espagnol. J'ai eu l'occasion de partager beaucoup de moi-même et de nos traditions avec chaque membre de ma famille. J'ai eu l'occasion de rencontrer beaucoup de membres de la famille à ma mère et ils ont tous été respectueux de ma personne. Ils étaient tous plus curieux les uns que les autres à connaître nos habitudes de vie ici au Canada.

La vie familiale en Équateur est très importante aux yeux de tous les membres de la famille. Une chose est certaine, papa a toujours le dernier mot et ce qu'il dit, va. En fait, il est arrivé à quelques reprises que nous n'avons pas eu la permission de papa de sortir un soir de semaine, alors nous devions tous demeurer à la maison. Toutefois, j'ai eu l'occasion de sortir à plusieurs reprises avec mes frères, mes soeurs et les membres de mon groupe. J'ai également célébré mon anniversaire de naissance en Équateur et malgré une mauvaise nouvelle qui a frappé ma famille cette soirée là, j'ai tout de même eu l'honneur de recevoir un gâteau d'anniversaire ainsi qu'une boîte de chocolats. Lors de mon départ, ma mère m'a affirmé que " su casa es mi casa " et je compte bien y retourner un jour. Ils me manquent énormément, et depuis mon retour, je pense souvent à eux.

Vous vous demandez sans doute, suite au portrait que je viens de peindre de mon aventure, pourquoi l'Équateur est un pays du tiers-monde. Et bien, l'Équateur a obtenu à nouveau le statut de pays démocratique en 1979. Le pays est gouverné par un président qui a, en principe, un mandat de 4 ans. Toutefois, de 1996 à 2000, l'Équateur a connu 5 présidents. Ces changements de pouvoir sont associés à l'inefficacité et la corruption des élus, donc aujourd'hui, la crédibilité des élus est presque nulle. Aujourd'hui, Lucio Guitérrez est au pouvoir depuis le 24 novembre 2002. Son programme électoral, lutter contre la corruption des classes politiques et bancaires, mais pendant notre séjour, nous avons pu remarquer, que ce dernier renie peu à peu ses alliés de campagne électorale et réoriente sa politique vers la droite.
C'est au cours de cette même période que le pays a connu la plus grande crise économique de son histoire. En 1999, l'Équateur est le seul pays n'ayant pas été en mesure de payer sa dette internationale. Au cours de la même année, la monnaie nationale, le sucre, a atteint un taux d'inflation de 60% ce qui a fait en sorte que le président du moment, Jamil Mahuad, a opté pour la dollarisation, croyant que ce changement de monnaie allait rectifier la situation. Le projet de dollarisation a tout de même été implanté en 2000 malgré une grève nationale et un coup d'État. De plus, l'inflation a suivi son cours puisqu'elle a atteint 100% au cours de l'année 2000.
On estime à 70% la population équatorienne vivant dans des conditions de pauvreté. Plusieurs emplois sont sous-payés, dont les enseignants et les médecins ce qui entraînent des grèves chroniques dans l'ensemble du pays. Au cours de mon séjour, il y a eu une grève des compagnies pétrolières, une grève des enseignants ainsi qu'une grève des médecins. Toutes ces grèves contribuent au ralentissement de l'économie nationale.
Je tiens à préciser que mon expérience fut inoubliable et j'encourage les gens à participer à ce type d'échange. Je garde de nombreux souvenirs de mon stage. J'ai grandi de cette expérience en étant plus sensible aux réalités qui m'entourent. La solidarité est un sentiment qui est partagé de tous et peut s'exercer peu importe où on se trouve dans le monde. Il suffit d'être ouvert à tout ce qui nous entoure, mais plus précisément d'être ouvert à ce que les gens ont à nous offrir.

Karine Richer

Si vous désirez de plus amples informations sur les stages de coopération internationale, je vous encourage à visiter le site du ministère des Relations internationales au sujet de son programme Québec sans frontières (www.quebecsansfrontieres.com)

 

Les photos de Martine, stagiaire Québec sans frontières à Quito, Équateur

Vue de la ville de Quito. À l'avant-plan, le quartier La Floresta

Les bureaux d'ALER, l'Association latino-américaine d'éducation radiophonique. Une stagiaire QSF pose en compagnie de deux autres stagiaires rencontrées là-bas, une Costa Ricaine et une Argentine, exemple de diversité d'horizons des artisans de cet organisme

Des paysans ont participé à un atelier de journalisme communautaire à la Radio Voz de Guamote. Ils posent ici avec le groupe de stagiaires QSF qui ont choisi d'appuyer ce projet grâce au Fond d'aide à la communauté

Des stagiaires QSF se reposent avec des amis quechuas près du Lago San Pablo

Un autobus typique au cœur de la petite ville de Guamote

Les festivités se poursuivent, cette fois-ci à Cayambe. Trouvez l'intrus…

24 juin 2003 : fête de la Saint-Jean. Des indigènes dansent

Studio de radio de la station communautaire RadioVoz de Guamote

Exemple d'intégration : Martina revêt le costume traditionnel à la grande fierté de la famille qui l'a accueillie toute la semaine

Le temple du Soleil des ruines d'Ingapirca, site de vestiges cañaris et incas

Le sommet enneigé du volcan Cotopaxi, deuxième sommet du pays

Le Pululahua : un village dans le cratère d'un volcan

Une eau des plus bleues frappe les récifs de l'Isla de la Plata, un écosystème des plus particuliers

 

Un indigène de l'Oriente (l'Amazonie équatorienne) traverse une rivière paisible

 

De retour de Quito

Marianne Engrand livre ses impressions aux lecteurs de L'Informateur

Article rédigé par Marianne Engrand portant sur son expérience de stage Québec sans frontières en Équateur et opublié dans L'informateur de Rivière-des-Prairies

L'Informateur de Rivière-des-Prairies publiait, dans son édition du 26 février dernier, un article annonçant le départ pour Quito d'une jeune étudiante pririvoise. Marianne Engrand a passé trois mois dans cette ville de l'Équateur dans le cadre d'un stage de coopération internationale. Revenue il y a à peine quelques semaines, elle livre ses impressions aux lecteurs de L'Informateur et invite par le fait même les jeunes qui voudraient vivre une telle expérience à s'informer auprès du ministère des Relations internationales, qui renferme une dizaine d'organismes qui offrent ce genre de stages à l'étranger. Marianne Engrand a quant elle eu la chance de réaliser ce rêve grâce à l'organisme Développement et paix.

Il est de ces voyages où il serait trop long de raconter tous ces gens, toutes ces musiques, tous ces paysages. Des tableaux dont on a de la misère à s'expliquer comme tous ces enfants qui quêtent dans les rues, la corruption policière, les armes à feu, etc. L'Équateur, le pays aux 99 volcans.

Nous étions huit jeunes à travailler dans la capitale, à ALER (Associacion Latino americana de Educacion Radiofonica), dont le secrétariat exécutif se trouve à Quito. Cette organisation est née en 1972, dans l'optique de former des communicateurs. Aujourd'hui, ALER et les affiliés (au total 118 radios du Mexique au Chili ont des liens avec ALER) travaillent à fortifier le mouvement des radios populaires et la démocratisation de la communication en Amérique latine et dans les Caraïbes.

Personnellement, j'ai collaboré à la conceptualisation et la construction d'une base de données qui est destinée aux informations de tous les départements d'ALER: le secrétaire exécutif, la presse, le réseau kiechwa, la technique, l'administration. Les principales lignes d'action de l'Association sont de produire des émissions radiophoniques; faire des formations de producteurs, de journalistes, de techniciens, de publicistes (journaliste juriste du droit public); fournir du soutient technologiques; effectuer des recherches, etc.

Même si nous avons passé la majeure partie du temps dans la ville, nous avons également vécu à la campagne, dans une communauté kiechwa. Des 12,2 millions d'habitants, les kiechwas représentent près de 40% de la population. Ils sont établis dans les montagnes et dans l'Amazonie. Ils vivent également au Pérou et en Bolivie.

Aussi, je vous propose un survol de l'histoire politique de l'Équateur, à des lieues de ce que connaît la scène politique canadienne. Dans les années 1970, comme beaucoup d'autres pays d'Amérique latine, l'Équateur a connu des régimes de dictatures. Fort heureusement, l'épisode équatorien a été moins sanglant qu'ailleurs.

Comme certains pays d'Europe, tels la France ou l'Italie, le système politique compte beaucoup de partis. Par exemple, lors de l'investiture de l'actuel président le 15 janvier dernier, Lucio Gutiérrez et son parti le PSP (Parti Présidentiel de la Société Patriotique) comptait 6 députés sur 96!

Dans les années 1980, le pays contracte une dette extérieure avec la Banque Mondiale (BM) et le Fond Monétaire International (FMI). Depuis, ces institutions bancaires s'immiscent et prennent de plus en plus de place dans les politiques économiques internes, diminuant la légitimité politique, déjà précaire.

À la fin des années 1990, le président démocrate chrétien, Jamil Mahuad est élu. Au début de son mandat, il a, entre autres, beaucoup soutenu les radios populaires; mais il s'est plié par la suite à la volonté des banquiers et hommes d'affaires de Guayaquil: il a effectué la dollarisation. En septembre 1999, le dollar américain remplace le sucre équatorien. Ce dernier connaît alors une dévaluation de 300%. Plusieurs banques se tournent vers les paradis fiscaux et l'argent des épargnants est gelé durant plusieurs mois. Avec la crise du système bancaire, surviennent des grèves généralisées. Plusieurs centaines de milliers d'équatoriens quittent le pays et immigrent principalement en Espagne. En janvier 2000, 16 000 personnes marchent jusqu'à Quito. M. Mahuad déclare l'état d'urgence. Le 21 janvier, les militaires, qui se sont joints aux manifestants investissent le Congrès. Le colonel Gutiérrez est présent lorsque, ce jour là, Mahuad est destitué. Sous la surveillance des États-Unis, le gouvernement intérimaire se forme autours de l'ancien vice-président Gustavo Noboa. Les présidents se succèdent vite lorsque la légitimité politique n'est plus là.

En août 2003, c'est principalement à cause de la soumission de Gutiérrez face aux règles du FMI et de la BM, que plusieurs partis se sont rangés dans l'opposition. Parmi ceux-ci, l'aile politique indigène, le Pachakutik. Cela représente 3 ministres: Nina Pacari (Affaires étrangères), Luis Macas (Agriculture) et Doris Solis (Tourisme), ainsi que 300 fonctionnaires. Avec la perte de ces coalitions, le gouvernement Gutiérrez n'a plus la majorité au Congrès.
Enfin, le but de ce court article est surtout de communiquer aux jeunes qui ont envie de faire un stage de coopération à l'étranger, qu'il existe au Québec un peu plus d'une cinquantaine d'ONG (Organisme non gouvernemental). Il est possible de consulter les stages sur le site du ministère des Relations internationales du Québec au : www.quebecsansfrontieres.com.

 

Stages universels

ÉQUATEUR

Stage en intervention auprès des populations paysannes et autochtones à Loja

Le projet vient appuyer les efforts de développement local à Loja. Le partenaire équatorien, la Fédération unitaire provinciale d'organisations paysannes et populaires du Sud (FUPOCPS) œuvre en éducation, en organisation et en économie. Les personnes stagiaires ont participé à la consolidation d'activités d'éducation, de production, de commercialisation apicole et horticole et de protection de la forêt auprès des populations paysannes et autochtones. À leur retour, les personnes stagiaires participent à des activités de sensibilisation et d'éducation du public québécois.

Les archives des personnes stagiaires Québec sans frontières à Loja en Équateur

Les anciennes personnes stagiaires à Loja vous invitent à visiter le site internet du journal sudaméricain, El Comercio où vous pourrez lire l'article "Loja : Les jeunes échanges leurs expériences" qui porte sur une de leurs réalisations de stage, soit une rencontre d'échange de jeunes personnes équatoriennes provenant de différentes organisations paysannes de la région de Loja en Équateur.

Pour lire le rapport de stage d'Annabelle Cloutier, ancienne stagiaire QSF en Équateur, en format PDF, cliquez ici.**

**Pour lire le rapport annuel, vous devez avoir le logiciel gratuit Acrobat Reader, que vous pouvez vous procurer ici.

L'article qui suit est un résumé du rapport de stage D'Annabelle Cloutier

Annabelle

ARTICLE À PARAÎTRE DANS L'ABEILLE, JOURNAL DES ANCIENNES PERSONNES ÉTUDIANTES DU PETIT SÉMINAIRE DE QUÉBEC

Mon stage en Équateur

L'Équateur m'a toujours fascinée. Il est le plus petit pays andin et sa population, comme ses paysages, sont remplis de contrastes. Cependant, tout n'est pas rose pour l'Équateur. En effet, dû au climat politique instable depuis les quatre dernières années, plus de 70% de ses 13 millions d'habitants vivent dans la pauvreté, dont 28% sont en situation d'extrême pauvreté . Il est le neuvième pays le plus corrompu de la planète et comme partout dans le monde, il est aussi marqué par les nouvelles tendances néolibérales. Pour l'Équateur, ces nouvelles tendances ont représenté un recul significatif au niveau des conditions de vie de sa population : hausse du prix des services de bases comme l'électricité, le gaz et les médicaments, difficulté de commercialisation des produits agricoles, taux d'intérêt de 18% etc.

Le 16 mai dernier, je me suis envolée, pleine d'espoir et de rêves, pour ce pays afin de vivre la vie quotidienne des paysans équatoriens. En effet, en novembre 2002, l'organisme Développement et Paix m'a choisie pour participer à un stage Québec sans frontière d'initiation à la coopération internationale d'une durée de 84 jours dans la province de Loja, canton Paltas.

Là-bas, je participais aux différentes activités de l'organisation locale partenaire de Développement et Paix depuis plus de 15 ans, la Federación unitaria provincial de las organizaciones campesinas y populares del Sur (FUPOCPS), qui travaille à l'amélioration des conditions de vie des paysans de la province du sud. Cette organisation, né de la théologie de la libération, a pour mission la sensibilisation de ses membres à l'unité du mouvement "campesino" de la province de Loja, car la meilleure façon de pouvoir avancer et de proposer des alternatives qui se feront entendre par le gouvernement est incontestablement la création d'un mouvement campesino solide. En plus, elle cherche à faciliter les processus d'empowerment de ses membres à travers un exercice de construction démocratique du pouvoir, un accès à une technologie agricole productive ainsi qu'au processus de "capacitación" intégral. Ainsi, La FUPOCPS travaille dans un esprit d'égalité pour contribuer à la sécurité alimentaire, l'administration durable des ressources et la "capacitación" de ses membres tout en étant en cohérence avec l'environnement campesino.

Selon eux, les campesinos doivent réclamer l'importance de retrouver du pouvoir sur leur vie afin de ne pas être marginalisés par la société capitaliste qui continue de prendre du pouvoir tant au niveau cantonal, national que mondial. Cette organisation, qui travaille au niveau de la province, est formée de 65 organisations de base provenant de neuf différents cantons de la province. Tous les membres de la FUPOCPS sont des "campesinos/as" qui ont comme principale source de revenus l'agriculture.

Marché du dimanche

Durant mon séjour, j'ai donc été impliqué dans le projet PACAS qui a pour objectif de faire la promotion de l'agriculture paysanne durable dans le canton Paltas de la province. Dans cette région, plus de 90% de la population est en situation de pauvreté.Il cherche à redonner confiance aux agriculteurs en implantant un processus de promotion d'une agriculture durable et biologique en proposant des activités qui utilisent une méthodologie de "campesino a campesino" . Ce type d'agriculture est essentiel à la population rurale, car il leur permet d'obtenir leur souveraineté alimentaire et ce, sans utiliser de produits chimiques qui peuvent être dommageables pour leur santé. Avec la promotion d'une d'agriculture écologique durable, on s'assure de conserver les connaissances agroécologiques des producteurs pour qu'elles soient davantage mises au profit de leur famille et de leur communauté.

Cette expérience m'a aussi fait prendre conscience de la réalité de mon propre milieu, de mon propre pays. Les valeurs que le mouvement "campesino" équatorien défend ressemblent aux valeurs de l'Union Paysanne, mouvement agricole québécois. Le mouvement paysan est certainement un des mouvements les moins populaires au Québec et la situation des agriculteurs Québécois est loin d'être semblable à celle des Équatoriens, mais il existe une similitude intéressante au niveau idéologique. L'Union Paysanne lutte contre la mainmise des industriels et des multinationales sur la production agricole qui provoque la disparition des fermes familiales et des petites productions alimentaires locales et biologiques Aussi, . elle défend l'agriculture paysanne privilégiant la ferme à dimension humaine et les pratiques qui favorisent l'implication de la famille paysanne, la qualité des produits, l'économie locale et l'écosystème rural dans son ensemble . Au Québec, la question de l'agriculture biologique n'est certainement pas une question aussi importante qu'en Équateur, mais les objectifs restent les mêmes : la souveraineté et la sécurité alimentaire, la diversité alimentaire et biologique, l'occupation dynamique du territoire, la protection de l'environnement rural et la qualité de vie des agriculteurs, des ruraux et des consommateurs.

J'oserai même aller plus loin en disant que ce mouvement réussit, chez-nous, à nous faire changer nos habitudes de consommateurs afin de pouvoir espérer faire tourner le vent mondialiste qui nous affecte aussi ici, au Québec. De plus en plus de québécois tentent de faire des achats plus réfléchis lorsqu'ils font leur marché. Et pourquoi pas encourager, pour quelques sous de plus, une compagnie québécoise comme OASIS qui fait un jus bien meilleur que la marque américaine la plus populaire? Je crois que cela est l'essentiel de la lutte agricole au Québec. En faisant de tels choix, en encourageant les producteurs locaux, le consommateur peut faire en sorte que les grandes industries agricoles ne continuent pas d'entrés dans notre pays.

Vivre plus de 2 mois dans une maison de terre, dormir sur des planches de bois, aller faire ses besoins naturels derrière un arbre et se laver à la rivière d'où nous recueillons l'eau pour boire et nous lavons nos vêtements, ce n'est pas toujours facile, mais cela a replacé mes valeurs de nord-américaines. En fait, tout ça peut paraître un peu drastique, mais il suffit de vivre la réalité des pays du sud pour comprendre ce que la mondialisation provoque chez les populations les plus démunies.

J'ai vu en Équateur une force communautaire qui m'a fait prendre conscience de l'importance de l'implication de chacun pour faire avancer une cause, mais aussi pour apprendre des autres. Il faut ouvrir ses œillères, s'informer et s'impliquer dans un esprit de conscience collective qui est aujourd'hui mondiale sans oublier que ce n'est pas seulement dans les pays du sud que l'on peut vivre et voir la pauvreté.

Annabelle Cloutier, Étudiante au Baccalauréat en Travail Social, UQÀM
Septembre 2003

 

Les photos d'Annabelle, stagiaire Québec sans frontières en Équateur

Le groupe de stagiaires de Loja, en Équateur

Ville de Catcocha, Canton Paltas, Province de Loja, Équateur

Personnes participantes à la rencontre des jeunes : semances de nouvelles racines à la Casa Campesina

- Juillet 2003 -

Apiculture dans la région de Celica

Préparation des " humitas "

Avec du maïs sec que l'on dégraine et mout pour ensuite la faire bouillir, avec la pâte mise dans des feuilles de maïs. Ça ressemble à un pain au maïs et c'est bien sûr typiquement équatorien.

Une barrière vivante faite d'un arbre. Ses racines empêcheront l'érosion du sol

Nettoyage d'un " trou d'eau " qui fait office de puit

On doit le nettoyer souvent car, comme il est de terre, l'eau se souille très rapidement et la source se bloque