Le gris des Palestiniens
Témoignage de Mélodie Grenier
Le gris. Le gris des murs, le gris des rues, le gris de 1 km2, le gris d’une triste histoire. C’est la première impression que j’ai eu à mon arrivée à Chatila. A l’exception des étalages de fruits et légumes, des vêtements et des voitures qui se retrouvent dans le camp des réfugiés Palestiniens en terre Libanaise, le gris l’emporte à Chatila.
Dix-sept milles personnes vivent entassées dans des maisons construites les unes par-dessus les autres au fil des soixante dernières années pour essayer de gagner le plus d’espace possible. Tout cela parce que la 2e guerre mondiale a fait des ravages et laissé sa trace. Les habitants de Chatila en savent quelque
chose. Plusieurs ont été chassés de la Palestine depuis l’accord passé entre différentes puissances mondiales pour la création de l’État d’Israël en 1948. Depuis sa création, les conflits persistent au Moyen-Orient. Mais la situation des réfugiés est toute une affaire. Même s’ils veulent, avec la plus grande des ferveurs, retourner dans leur pays, sont-ils prêts à le faire à n’importe quel prix?
Comme le Liban n’a pas signé la convention de Genève, qui fait en sorte qu’un pays reconnait le statut de réfugiés, les Palestiniens se retrouvent donc sans papier et par le fait même, sans droits légaux. L’impasse est si grande qu’elle en facilite la persécution des réfugiés.
Faire face à plusieurs guerres, toutes aussi sanglantes les unes que les autres, n’est pas une mince affaire. Chaque fois, c’est un nouveau commencement. Mais pour eux, ce recommencement se trouve dans l’espoir de pouvoir retourner à la maison. Pour l’instant, et en attendant le fameux jour, ils travaillent illégalement, mais fort, pour réussir à gagner leur vie. Ils travaillent à avoir une meilleure
qualité de vie. En commençant par la construction d’un terrain de jeu pour les enfants, la mise en place d’un festival annuel, l’ouverture de petits commerces et l’éducation des enfants. Tout cela fait parti des enjeux de leur société qui se vie en parallèle avec la société Libanaise.
Parce qu’un réfugié Palestinien, même soixante ans plus tard, n’est pas un Libanais, et ce, de génération en génération.
Dans toute cette zone grise, il y a l’Espoir, le Militantisme et le Désir de changer les choses qui met un peu de soleil dans une journée.